Nicolas Le Floch T1 : L'énigme des Blanc-Manteaux (Jean-François Parot)






Edition : 10/18
Genre : Policier, Historique
Auteur : Jean-François Parot
Parution : 1er octobre 2000
Coup de coeur








Résumé : Paris, janvier 1761. Nicolas Le Floch, un jeune homme natif de Guérande, débarque dans la capitale, écarté de sa Bretagne par son tuteur. Après un passage au couvent des Carmes, le jeune Le Floch va apprendre le métier de policier sous la houlette de M. de Sartine, le lieutenant général de police de Louis XV, chargé des affaires spéciales. Le Floch va devoir faire très vite ses preuves et apprendre le prix du silence et du secret. Sa première enquête criminelle va le plonger dans le monde interlope de la corruption, du jeu, des intrigues crapuleuses et d'une conspiration contre la vie du roi.

Avant de commencer cette chronique, je tiens à m’excuser de mon absence de ces dernières semaines. Si jamais vous ne suivez pas ma page Facebook, vous ignorez sans doute que j’ai commencé la semaine dernière un nouveau travail, à temps complet, et que je m’adapte tout doucement à ce nouveau rythme. Je n’abandonne pas mon blog,  loin de là, mais il me faut un petit temps d’adaptation pour trouver un nouveau mode d’organisation. D'où mon absence temporaire de ces derniers temps.

Mais trêve de bavardages, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un personnage dont je suis tombée amoureuse (oui, encore, je ne vois pas où est le problème) il y a quelques années déjà. Monsieur Nicolas le Floch, Commissaire au Châtelet sous le règne de Louis XV, cela vous dit quelque chose ? Si ce nom vous est familier, c’est sans doute grâce à l’excellente série diffusée sur France 3, avec Jérôme Robart. En tout cas, moi, c’est comme ça que j’ai découvert le personnage et à chaque fois qu’il y a une rediffusion des épisodes, je suis toujours devant ma télé. Mais je vous parlerai de la série dans un prochain article. Aujourd’hui, c’est de la saga livresque dont je vous parle, et plus particulièrement du premier tome des aventures du Commissaire, « L’énigme des blanc manteaux ». Je remercie d’ailleurs A little bit dramatic pour m’avoir donné envie de découvrir le livre !

Amateurs et amatrices de policiers historiques, cette nouvelle saga est faite pour vous ! Nicolas Le Floch, 22 ans, fait son entrée à Paris après avoir été recommandé au lieutenant général de police Monsieur de Sartine par son parrain, le Marquis de Ranreuil. Logé par le commissaire Lardin qui lui apprend le dur métier de policier, Nicolas apprend patiemment. Jusqu’au jour où Lardin disparaît dans des circonstances mystérieuses et en possession de documents compromettant la sécurité de l’état. Monsieur de Sartine se décide, non sans inquiétude, à confier l’enquête à Nicolas qui a eu un long aperçu de la vie du commissaire au cours de son séjour dans sa demeure. Prenant pour fidèle compagnon l’inspecteur Bourdeau, Nicolas se lance dans une enquête qui le mènera aux quatre coins de la capitale et qui pourrait bien avoir un impact décisif sur son avenir.

Nicolas est un provincial, qui a officié comme clerc de notaire à Guérande en Bretagne, jusqu’à ce que son parrain, le Marquis de Ranreuil, décide de l’envoyer à Paris auprès du lieutenant général De Sartine. Agé de 22 ans à peine, Nicolas se laisse emporter par l’agitation de la capitale, sans pour autant oublier l’honneur qui lui a été fait et son sens du devoir. Le métier de policier va rapidement lui plaire et il va se révéler être un atout indispensable pour De Sartine. Nicolas est un personnage que j’adore parce que sa personnalité est pleine de nuances (pas de Grey, je vous rassure). Son éducation l’a rendu honnête et loyal alors que sa condition – élevé par un chanoine, ayant pour parrain un noble sans être lui-même de cette condition – lui a fait comprendre qu’il lui faudrait prouver sa valeur en travaillant d’arrache-pied et en faisant toujours ce qui est juste. Il est également très cultivé, intelligent et perspicace, des atouts essentiels pour se faire une place au sein de la « bonne société » parisienne mais aussi dans les plus sordides quartiers de la capitale. Capable de s’adapter partout, ne portant aucun jugement sur les gens, sachant faire preuve de compassion, tout est réuni pour en faire un personnage d’exception. Mais en plus de cela, le jeune Le Floch est aussi très séduisant et séducteur et sait souvent comment se mettre les femmes dans sa poche. 

Le lieutenant général De Sartine, supérieur direct de Nicolas, est un homme qui a la lourde tâche d’assurer la sécurité de la capitale. Sa police est l’une des plus efficaces d’Europe. Mais on n’arrive pas à un tel résultat en faisant preuve de gentillesse et c’est d’abord sa rudesse envers Nicolas, sa fermeté et son caractère presque trop strict et hautain qui frappent le lecteur. Néanmoins, on se rend compte rapidement que De Sartine est un homme de grande valeur, très juste et qui s’est pris d’affection pour ce petit Breton qui vient juste de débarquer à Paris. La seule manie que l’on connaît à De Sartine, c’est son amour inconditionnel pour les perruques. Chacun sa passion me direz-vous. L’inspecteur Bourdeau, fidèle acolyte de Nicolas, est quant à lui très touchant. Il est plus âgé que Nicolas mais ne voit pas d’inconvénient à être sous sa subordination. C’est un homme doux, attentionné, toujours calme, mais c’est également un très bon inspecteur qui sait prendre les choses en main quand les circonstances l’exigent. Fidèle et loyal, Nicolas et lui vont rapidement se lier d’amitié et former un duo redoutable.

Enfin, je me contenterai de vous présenter Monsieur de Noblecourt, ancien Procureur, chez qui Nicolas va séjourner à partir de la disparition du commissaire Lardin. Le vieil homme se prend lui aussi d’affection pour Nicolas (mais oui, je vous l’ai dit, tout le monde aime Nicolas, sauf vous si vous n’avez pas encore fait sa connaissance, mais ça va venir). Amateur de nourriture et de vin, il est très avisé et Nicolas prend souvent conseil auprès de lui dès qu’une affaire apporte plus de nouvelles questions.

Il y a beaucoup de personnages secondaires dans le roman qui ont tous suffisamment d’étoffe pour qu’on les apprécie. Semacgus, chirurgien de marine, Catherine, la cuisinière des Lardin, Marion, la cuisinière de Noblecourt, La Satin, une prostituée dont Nicolas va faire la connaissance ou encore le célèbre bourreau Sanson, qui se révèle très humain.

J’ai davantage l’habitude de lire des policiers historiques qui se déroulent à l’époque victorienne. Cela faisait longtemps que je cherchais un roman de ce genre qui se déroulerait à Paris et c’est désormais chose faite. Jean-François Parot a fait un véritable travail d’historien pour ce premier tome. Il y a des auteurs qui savent vous transporter à l’époque qu’ils décrivent. J’avais le sentiment d’être au cœur de Paris au XVIIIème siècle et de me promener aux côtés de Nicolas. Les dialogues des personnages (le language XVIIIème est d’ailleurs conservée dans la série télé), les descriptions de Paris et de sa population, tout est fait pour nous plonger au cœur de l’histoire. Quant à l’enquête à proprement parler, j’ai été scotchée par son dénouement. Jean-François Parot est un très bon auteur de fiction historique mais il manie aussi l’art d’écrire une enquête travaillée qui berne le lecteur.

En résumé, je ne peux que vous conseiller d’aller tout de suite acheter le premier tome des aventures de Nicolas Le Floch et de vous plonger dans le Paris du XVIIIème siècle. Et si jamais ma chronique ne vous a pas convaincue (il y a toujours des gens difficiles), regardez l’épisode. Les amateurs de policiers historiques et de personnages intéressants sauront s’y retrouver.


Camden T1 : Un murmure de voix (Pauline Andreani)






Edition : Les éditions du Petit Caveau
Genre : Fantastique
Auteur : Pauline Andreani
Parution : 15 février 2016







Résumé : Je m’appelle Humphrey. Simplement Humphrey. Ce soir-là, j’ai perdu mon travail en voulant sauver un ahuri qui prétendait pouvoir communiquer avec l’au-delà. Par curiosité, je l’ai ensuite suivi dans l’une de ses aventures, et devinez quoi ? Le gamin disait vrai. La famille Flemington, s’étant vue affligée de la disparition de leur fils et de la mort de leur bonne, ne se doute pas que cette dernière est bien présente, ni qu’elle sait ce qui est arrivé à leur bambin. 

Il y a deux semaines, en allant au festival de l'imaginaire Atrebatia à Arras, j’ai découvert une toute jeune auteure. Pauline Andreani n’a que 25 ans mais déjà 15 ans d’écriture derrière elle. Basée à Londres, elle s’inspire de cette ville et de l’ambiance des années 30 pour situer son roman, Camden : Un murmure de voix. Un tome 2 intitulé Camden : Le maître des poupées est déjà paru aux éditions du Petit Caveau. Ce premier roman publié il y a tout juste un an maintenant est assez prometteur.

Humphrey, dont on ignore le passé, mais dont on peut imaginer qu’il a trempé dans quelques affaires criminelles, fait par hasard la rencontre de Camden Elmore à la sortie d’un établissement peu fréquentable. Ce dernier lui affirme qu’un de ses amis cherche à le contacter. Oui, sauf que l’ami en question est décédé depuis quelque temps déjà. Humphrey est d’abord persuadé qu’il a affaire à un fou. Mais il se laisse peu à peu convaincre et se rend compte que Camden Elmore n’est pas un simple médium qui cherche à arnaquer ses clients. Il se retrouve alors au cœur de la nouvelle enquête du jeune homme. Une bonne est retrouvée morte dans la demeure de la famille Flemington et le jeune Flemington dont elle avait la charge est porté disparu. Invoquant le fantôme de la défunte, Camden et Humpfrey vont engager une course contre la montre pour retrouver l’enfant.

Camden Elmore et son acolyte Humphrey m’ont fait penser à Sherlock et Watson, dont le duo aurait été transposé au début des années 30 à Londres. Je me trompe peut-être, mais la personnalité des deux hommes ressemble fortement à celle qu’on peut retrouver au fil des diverses adaptations des aventures de Sir Arthur Conan Doyle. Ainsi, Camden est un jeune homme qui a envie de faire ses preuves face à son grand frère, célèbre exorciste dont la réputation est nationale. Il est souvent dans la lune et pas simplement parce qu’il a un don pour communiquer avec les esprits. Cela le conduit dans des endroits inattendus comme à la sortie d’un tripot pour rencontrer Humpfrey ou sur les traces d’une bonne travaillant dans une maison bourgeoise. Humpfrey devient son seul ami un peu par hasard, comme cela a pu être le cas pour Sherlock et Watson. Quant à Humpfrey, il ne sait absolument pas comment il a atterri dans une telle histoire, ni s’il ne devient pas un peu fou avec toutes ses histoires de fantôme. Il est d’ailleurs franchement sceptique au départ mais ne peut plus nier les différents éléments de preuve qui s’offrent à lui tout au long de l’intrigue. Il s’attache progressivement à cet énergumène qu’est Camden et finit par mener l’enquête avec lui.

Une réécriture des aventures de Sherlock et Watson donc ? Oui, mais avec une bonne dose de fantastique. Ici, ce n’est pas des capacités de déduction exceptionnelles qui aident Camden mais bien sa capacité de communiquer avec les fantômes. Quant à son frère, ce n’est pas le « gouvernement britannique » mais un exorciste de renom. Humphrey n’est pas un docteur, son passé reste plutôt trouble si ce n’est qu’on imagine qu’il était une sorte de voyou. J’ai apprécié le côté fantastique qui est ajouté à cette histoire même s’il n’est pas explicitement mentionné sur la quatrième de couverture qu’il s’agit d’une réécriture des aventures de Sherlock Holmes, c’est juste mon ressenti personnel après avoir lu le roman. Aussi je vous laisse en juger par vous-même !

Le roman est assez court, mais bien développé. L’auteure nous fait assister à la rencontre entre les deux hommes, présente son univers tout en ne négligeant pas l’enquête policière/fantastique qu’elle amène progressivement. J’ai été étonnée à la fin du roman car l’intrigue prend une tournure à laquelle je ne m’attendais pas. J’ai apprécié le style de l’auteure, même si on ressent dans sa manière d’écrire que c’est une jeune plume. Son style va sans nul doute s’affiner et se préciser avec le temps.

En conclusion, j’ai apprécié ce premier tome. Même s’il ne s’agit pas d’un coup de cœur, je lirais avec plaisir le deuxième. Si vous appréciez des duos qui s’apparentent à celui de Sherlock et Watson, avec une dose de fantastique, je vous le conseille.

Atrebatia 2017



Ce weekend, je suis allée faire un tour au festival de l’imaginaire Atrebatia qui avait pris ses quartiers dans le sublime beffroi d’Arras. Ce festival en est déjà à sa troisième édition, pourtant c’est la première année que j’en entends parler. Si vous habitez dans le coin, je ne saurais que trop vous conseiller de  vous y rendre l’an prochain, car il en vaut vraiment la peine. Et pour ceux qui habitent vraiment tout près (on ne sait jamais), sachez que le festival prend fin ce soir et que vous avez encore toute l’après-midi pour y faire un tour et profiter de la grande diversité des stands et des animations qui sont proposés.


Si j’ai entendu parler d’Atrebatia, c’est parce que Georgia Caldera avait annoncé sur sa page Facebook qu’elle serait présente à ce festival pour une séance de dédicaces. Les salons sont plutôt rares dans mon département, Atrebatia ne pouvait donc que m’intriguer.  Mais pour être honnête je m’attendais à un petit évènement et j’ai hésité avant de m’y rendre. Je l’aurais amèrement regretté car loin d’être un petit festival, Atrebatia est un salon de l’imaginaire qui offre une variété de stands et d’artistes qui m’ont bluffé. Et je ne parle même pas de l’organisation, menée d’une main de maître, ni des animations proposées. Le festival est tout jeune puisqu’il n’en n’est qu’à sa troisième édition, mais la qualité est bel et bien au rendez-vous.



Evidemment, le décor y est aussi pour quelque chose. Le beffroi d’Arras, élu monument préféré des Français dans l’émission de Stéphane Bern (ou Bernie pour les intimes) est une merveille de notre patrimoine et je ne m’en lasse jamais. Atrebatia étant un salon de l’imaginaire réunissant des auteurs et artisans de fantastique, de fantasy et de steampunk, le décor était on ne peut mieux choisi. Une autre partie du festival se déroulait à l’hôtel de Guînes mais je n’y ai fait qu’un bref passage, la majeure partie du festival se déroulant à l’intérieur même du beffroi. Néanmoins les animations pour les enfants se situaient au sein de l'hôtel de Guînes, ainsi que quelques illustrateurs et un stand dédié aux fans de J.R.R Tolkien et du Seigneur des anneaux. 


Georgia Caldera était la seule auteure que je connaissais dans ce salon. Mais j’ai pu rencontrer de jeunes auteurs qui ne demandent qu’à faire connaître leurs ouvrages et qui se sont tous montrés sympathiques et abordables, ce qui est finalement le but d’un salon littéraire ! Pour les amateurs d’illustrations et de BD, de nombreux artistes étaient également présents, mais je suis resté quelque peu éloignée de ces stands, simplement parce que mon porte-monnaie ne l’aurait pas vraiment supporté (quand je serai riche). J’ai tout de même découvert les très beaux dessins de Juliette Amadis, dont j’ai acheté deux affiches. En plus des auteurs et illustrateurs,  de nombreux artisans étaient présents : stands de bijoux, de sacs en cuir, de costumes, d’épées (oui vous pouviez acheter une véritable épée), de masques, de coiffes, d’objets steampunk, il y en avait pour tous les goûts…


Des animations étaient également proposées tout au long du festival, mais je n’ai pas pu y participer car c’est difficile de tout faire en une journée. Mais il y avait notamment des conférences sur le thème du fantastique, des conteurs pour les plus petits mais aussi pour les plus grands. De nombreuses animations pour les enfants étaient proposées comme des stands de maquillage et même des séances photos gratuites en robes de princesse. J’ai quand même eu le plaisir de découvrir le groupe de musique Acus Vacuum, pour qui j’ai eu un énorme coup de cœur et qui a enchanté de sa musique le festival durant tout le weekend.

Ce qui m’a le plus frappé lors de ce festival, c’est à quel point les organisateurs ont joué le jeu côté costumes. Au détour d’une allée, vous pouviez croiser Raiponce, mais aussi des trolls, des sorciers, des dames sorties du Moyen-Age, des personnages de roman steampunk, mais aussi d’authentiques Atrébates (pour faire court, des sortes de Gaulois, d’où le nom d’Atrebatia). On sentait que c'était un véritable plaisir pour eux d'être là. J'ai vu beaucoup d'enfants dévisager des trolls avec un regard émerveillé ! Personnellement, j'ai préféré leur faire des câlins, c'est plus sympa et surtout c'est plus doux ;) 


En résumé, le festival Atrebatia, bien que tout jeune, a tous les atouts pour durer de nombreuses années et prendre de plus en plus d’ampleur. D’ailleurs, je vous conseille de vous y rendre le matin car à partir de 15h, il y avait tellement de monde qu’il était très difficile de circuler dans les allées. Chapeau bas aux organisateurs qui ont vraiment fait un travail fantastique, sans mauvais jeu de mots. Atrebatia va devenir un de mes salons incontournables de par la diversité qu’il offre aux visiteurs. 

PS : Merci à Sorties Culturelles à Lille pour les photos :)

50 nuances plus sombres (James Foley)






Genre : Romance
Réalisateur : James Foley
Sortie : 08 février 2017










Ce weekend, je suis allée prendre quelques nouvelles de Monsieur Christian Grey et Mademoiselle Anastasia Steele. Alors, quel est le verdict final ? Convaincue ou non? J'ai bien aimé le film, je l'ai même largement préféré au premier, parce qu'on se dirige davantage vers une romance comme je les aime. Malgré tout, certaines choses auraient pu être améliorées et je suis un peu resté sur ma faim, sans compter que la version française, ce n'est vraiment pas pour moi. Mais c'est parti pour un avis détaillé.


Dépassée par les sombres secrets de Christian, Ana a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d'éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu'il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister. Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux M. 50 Nuances, toujours aussi passionné. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie.

Même si j’ai lu les livres il y a deux ans, tout était encore suffisamment frais dans mon esprit quand je suis entrée dans la salle de cinéma. Je me doutais que j’allais préférer ce deuxième film et je ne me suis pas trompée. Dans « 50 nuances de Grey », je trouvais que le réalisateur et les scénaristes avaient rendu Anastasia beaucoup plus naïve que dans le livre. Quant à Christian Grey, j’étais resté sur ma faim, Jamie Dorman n’exploitant pas suffisamment son côté très sombre et torturé à mes yeux.


Dans ce second opus, les choses changent. Christian a failli perdre Anastasia et il commence à se rendre compte que leur relation n’est pas simplement basée sur un contrat mais qu’il a des sentiments pour elle. Quant à Anastasia, elle ne veut plus être une « soumise » mais avoir une vraie relation avec Christian. Comme on peut s’en douter, les termes de leur petit arrangement vont être renégociés et leur relation va reprendre là où elle s’était arrêtée, sauf qu’il n’y a plus tout ce côté tordu et malsain qu’on pouvait avoir dans le premier livre/film. Leur histoire reste passionnée et passionnelle, complètement irréaliste, mais cette fois il y a du respect et de l’amour dans la manière dont Christian traite Anastasia. Evidemment, cela reste une romance érotique, donc le film a beaucoup de scènes de sexe, mais elles sont moins dérangeantes que dans le premier opus et on sent que les acteurs étaient tous les deux plus à l’aise dans ces scènes qui restent torrides mais relativement soft.


Désormais c’est Ana qui décide de ce qu’elle a envie de faire ou non et j’ai apprécié de voir son personnage s’affirmer. Elle passe de la petite vierge effarouchée du premier film à une femme forte et indépendante qui a compris que sa relation avec Christian ne la mènerait à rien tant qu’il ne verrait cela que comme un contrat et qu’il ne la verrait elle que comme une soumise. Elle n’hésite pas à lui tenir tête ou à le confronter quand quelque chose ne lui plaît pas. Dakota Johnson incarne à merveille Anastasia Steele, elle a ce petit côté fragile et fort qui correspond bien au personnage allié à un visage très innocent.

Quant à Christian, ce n’est plus le Mr Grey du premier film. Cette fois Mr Grey est véritablement amoureux et il décide de faire des efforts et de ranger au placard ses penchants sadiques. J’attendais un Christian plus torturé dans le premier film, mais là Jamie Dorman joue très bien le Christian qui découvre que finalement, il est capable d'éprouver de vrais sentiments. Il rend le personnag de Christian beaucoup plus humain, j'ai adoré le voir sourire et lancer de véritables regards d'amoureux à Anastasia.


Cela étant dit, si j’ai préféré ce deuxième opus, tout n’est pas parfait non plus. Même si le film dure 2h, il manquait cruellement d’intensité (je ne parle pas des scènes de sexe ici). Dans le roman, il y a des scènes clés, essentielles pour la suite de l’intrigue, qui, dans le film, sont traitées en quelques minutes. Par exemple, pour ne pas trop spoiler en donnant tout de même un exemple, quand la mère de Christian découvre ce que Mrs Robinson a fait à son fils, elle la jette dehors. Même si elle le fait dans le film aussi, je trouve que ça aurait pu être beaucoup plus fort que la scène à laquelle on a eu le droit. Autre exemple, dans le roman, Christian fait un travail sur lui durant toute l’intrigue. Ses démons ne s’envolent pas du jour au lendemain. Or, dans le film, on a l’impression qu’à partir du moment où Ana revient, Mr Grey est complètement transformé. J’aurais voulu le voir lutter un peu plus avec son passé, puisqu’on ne cesse de nous dire que c’est ce qui l’a rendu ainsi. D’autres scènes importantes m’ont laissé sur ma faim. Du coup, ça me laisse le sentiment d’un film un peu « superficiel », qui ne va pas au bout des sentiments et de la passion promise. Je sais qu’il fallait mettre beaucoup de scènes de sexe parce que c’est ce que les gens attendaient de ce film, mais il n’y a pas que ça dans le roman, il y a aussi le travail qui est fait sur la relation des deux personnages et qui est un peu laissé de côté ici. Enfin, je dois dire que les dialogues m’ont fait rire à plusieurs reprises. Alors oui, je sais que déjà, dans le roman, le style littéraire ne vole pas très haut. Mais quelques répliques du film font penser à une mauvaise romance de série B. Je ne sais pas si c’est seulement la VF qui fait ça un peu de style n’aurait pas été superflu.


En revanche, j’ai adoré l’esthétisme du film, les costumes, les paysages et les décors, très soignés. La scène du bal masqué est somptueuse et Ana est sublime dans sa robe. Et j’ai été conquise par la bande originale, avec un coup de cœur pour Helium.

En conclusion, j’ai préféré « 50 nuances plus sombres » à « 50 nuances de Grey ». On en revient à une romance plus conventionnelle, en retirant tout le côté que je pouvais trouver malsain dans le premier opus. Ana et Christian sont désormais un couple et ça fait du bien de voir leur relation évoluer. Les scènes de sexe, bien que nombreuses, sont bien tournées et ne m’ont pas gênées. Je regrette simplement le manque d’intensité de certaines scènes et quelques répliques qui auraient pu être mieux tournées avec un scénario plus travaillé. Je vous le conseille néanmoins car on passe un bon moment de détente ! 

Hantée T1 : Les ombres de la ville (Maureen Johnson)






Genre : Young-adult
Edition : Michel Lafon
Auteur : Maureen Johnson
Parution : 10 mai 2012







Résumé : A Londres, un assassin hante les rues, réveillant la légende de Jack l’Eventreur. Malgré l’omniprésence des caméras, le tueur est indétectable. Aurora, arrivée depuis peu sur son campus, se rend compte qu’elle est la seule capable d’apercevoir son ombre. Accompagnée d’un mystérieux jeune homme, elle plonge au plus profond des brumes de la cité pour arrêter le meurtrier avant qu’il ne récidive. A moins que son don ne fasse d’elle la prochaine victime...

Comme vous le savez, je ne suis pas vraiment thriller, policier etc… Sauf s’il s’agit d’une fiction historique comme un bon polar victorien. Etrangement je n’ai pas peur en lisant ce type de roman alors que je suis certaine d’être terrorisée (non je n’exagère pas d’abord) en lisant un thriller contemporain. Dans ce cas je risque de me demander toute la nuit s’il n’y a pas quelqu’un derrière ma porte ou sous mon lit (oui, même à 24 ans). Du coup, il y a un mystère qui me « fascine », c’est celui de Jack l’Eventreur. Pourtant on est vraiment dans la définition même de l’affreux, je vous l’accorde. Seulement mon cerveau ne cherche pas trop loin et se dit « bah, ça s’est passé en 1888, il ne va pas ressurgir d’un seul coup ». Ce qui n’est pas forcément très logique parce qu’il y aura toujours des esprits dérangés. En fait, ce n’est pas tant les crimes de l’Eventreur qui me fascinent (encore heureux me direz-vous) mais bien sûr le fait qu’on ne l’ait jamais attrapé et qu’il ait arrêté du jour au lendemain ses activités criminelles. Qui était-il ? Plusieurs théories s’opposent encore aujourd’hui et tout le monde aimerait savoir, moi y compris. Enfin bref, tout ça pour dire que quand j’ai vu Hantée au magasin, que le résumé me vendait « le retour de Jack l’éventreur » dans Londres à l’époque moderne, j’ai pris mon courage à deux mains (oui oui) et je me suis dit, allez, on y va

Aurora est une jeune américaine de 17 ans qui part étudier un an à Londres au lycée de Wexford après que ses parents, enseignants-chercheurs, aient décidé d’enseigner dans une université anglaise pendant quelques temps. A peine arrivée sur le territoire britannique, elle apprend qu’une femme a été retrouvée assassinée selon le même schéma que le premier meurtre de Jack L’éventreur. Les médias s’emparent de l’affaire qui prend alors des proportions énormes. Aurora tente de s’intégrer de de s’habituer aux habitudes anglaises mais les meurtres qui se succèdent bientôt commencent à faire régner un climat de terreur dans la ville et au lycée, située au cœur de la zone de l’Eventreur. Alors que le tueur semble indétectable sur les caméras de la ville, Aurora, elle l’aperçoit un soir. Elle plonge alors au cœur de Londres pour percer les secrets de ce nouvel Eventreur.

Je ne lis plus beaucoup de Young-adult parce que les héroïnes me tapent souvent sur les nerfs ou alors parce qu’il y a toujours un triangle amoureux. Mais avec Hantée, je me suis réconciliée avec le genre. Aurora est un personnage que j’ai aimé suivre, elle n’est pas nunuche, égoïste ou prétentieuse. C’est une adolescente normale, avec tout ce qui peut stresser une fille de 17 ans qui entame sa rentrée dans un pays étranger. J’ai trouvé qu’elle avait les pieds sur terre et que c’est quelqu’un avec qui j’aurais pu être amie. J’ai aimé le fait qu’elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Sans être ce qu’on pourrait appeler « une grande gueule », Aurora a de la répartie, même si elle n’a pas encore totalement confiance en elle comme on peut s’y attendre à son âge.

En fait, tous les étudiants du lycée Wexford sont plutôt réalistes. Hormis le personnage de Charlotte, on ne tombe pas dans les clichés habituels qu’on retrouve en young-adult, avec les  clans qui doivent obligatoirement se former. Je ne sais pas si c’était voulu de la part de l’auteure, mais il y a vraiment une approche plus européenne qu’américaine dans la façon de percevoir le lycée. Jazza, la colocataire d’Aurora, adore prendre un thé le soir en lisant du Jane Austen. Elle s’est totalement appropriée son côté du dortoir et elle cherche immédiatement à s’entendre avec Aurora. Son naturel, sa gentillesse et sa spontanéité, toujours avec ce manque de confiance en soi inhérent à son âge, m’ont beaucoup plu. Et quant à la troisième colocataire, Boo, cette dernière est beaucoup plus excentrique, très tête en l’air et frivole. Elle fait peut-être un peu cliché mais ça ne m’a pas dérangé parce qu’elle est vraiment drôle et que le duo avait besoin de cet ajout supplémentaire pour être complet. Jérôme, le coup de coeur d’Aurora dans ce lycée, est totalement fasciné par le mystère de Jack l’éventreur. A part ça, on ne sait pas vraiment grand-chose de lui, il aurait peut-être fallu développer un petit peu plus son personnage. Enfin, Stephen et Callum sont deux jeunes policiers appartenant à une brigade un peu spéciale et chargé de veiller sur Aurora après que celle-ci ait aperçu le nouvel Eventreur. Callum, lui, est une « grande gueule », c’est typiquement le genre de garçon qui n’est pas sûr de lui au fond mais qui utilise l’humour et l’ironie pour masquer tout ça. Stephen, lui, fait un peu intello, il est plus réservé, très intelligent, il a vécu des drames dans le passé qui l’on rendu ainsi. Mais il est aussi très déterminé et investi dans la mission qu’on lui a confiée.  

Côté intrigue, j’ai été assez étonnée de la qualité de la construction du récit. Il aurait été facile à Maureen Johnson de retomber rapidement dans les clichés. A plusieurs reprises, je croyais avoir deviné la suite des évènements, mais elle a réussi à me surprendre. J’ai même eu du mal à lâcher le livre parce que je voulais connaître la suite. Qui était l’éventreur ? Qui serait sa prochaine victime ? L’auteure s’est documenté sur le sujet de Jack l’éventreur et elle informe le lecteur qui aurait des lacunes.

En conclusion, « Les ombres de la ville » est un très bon roman young-adult. Le schéma n’est pas aussi classique que d’habitude et les personnages comme leurs réactions sont  assez humains. Il plaira aux amateurs de young-adult. 

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