La confidente des morts (Ariana Franklin)






Genre : Policier historique
Edition : 10/18
Auteur : Ariana Franklin
Parution : 19 mars 2015
Coup de coeur








Résumé : Cambridge, 1171. Un enfant a été massacré dans des conditions atroces et les Juifs, désignés comme boucs émissaires, ont été forcés de se retirer dans le château seigneurial afin d’éviter un lynchage en règle. Henri, roi d’Angleterre, ne voit pas ces événements d’un très bon œil. Le véritable assassin doit être trouvé, et rapidement. Un enquêteur de renom, Simon de Naples, est dépêché depuis le continent et débarque en ville accompagné d’un Maure et d’une jeune femme, Adelia Aguilar, spécialisée dans l’étude des cadavres... Un savoir-faire qu’elle devra garder secret si elle veut éviter d’être accusée de sorcellerie. L’enquête d’Adelia la plongera au cœur de Cambridge où, fatalement, elle attirera l’attention d’un meurtrier prêt à tuer à nouveau…

J'ai acheté "La confidente des morts" parce que je trouvais la couverture vraiment sublime. S’agissant d’un policier historique se déroulant au XIIème siècle avec un médecin légiste hors norme, je dois avouer que j’étais aussi très intriguée par ce personnage féminin. Et pour une fois juger un livre à sa couverture s’est révélé concluant puisque ce roman a été un coup de cœur.

Simon de Naples, enquêteur de renom, doit quitter Salerne pour se rendre à Cambridge où les Juifs sont été pris pour cible depuis qu’un enfant a été retrouvé assassiné. Trois autres enfants manquent à l’appel et l’imaginaire collectif désigne directement la population Juive, qui se voit obligée de rester recluse dans le château seigneurial. Henri, roi d’Angleterre, souhaite que la situation soit réglée rapidement. Simon, dépêché par le roi de Sicile, est accompagné d’un Maure et d’un médecin légiste portant le doux nom de Vesuvia Adelia Rachel Ortese Aguilar. La joyeuse troupe dénote à Cambridge et Adelia est obligée de taire ses activités pour ne pas être accusée de sorcellerie. Ses connaissances médicales lui permettent  de constater qu’un tueur sadique rôde, prêt à frapper de nouveau et qu’il a repéré les étrangers qui s’intéressent un peu trop à lui.

Je n’aurais pas parié sur un coup de cœur en commençant le roman. En effet, au tout début, j’ai eu du mal à m’attacher au personnage d’Adelia. Et pour cause, la jeune femme est passionnée par son métier mais elle n’est pas très douée avec les êtres humains vivants. Si elle a beaucoup de respect pour Simon et Mansur, ses compagnons de voyage, on ne la voit pas tout de suite s’ouvrir aux gens qu’elle rencontre. Adelia a une vision médicale, même quand elle pose les yeux pour la première fois sur quelqu’un. Elle déteste l’Angleterre qu’elle considère comme un pays d’arriéré et n’a qu’une hâte, retourner à Salerne où elle peut exercer la médecine sans devoir prêter attention aux superstitions qui foisonnent dans la campagne anglaise. Finalement, j’ai compris que l’auteure souhaitait  qu’on s’attache au personnage en même temps qu’elle s’ouvrait aux autres. Et ça a parfaitement fonctionné ! Adelia se révèle de plus en plus « humaine » au fil de l’intrigue, elle devient membre d’une « famille » à part entière avec des personnalités très différentes mais à qui elle tient et pour qui elle ferait n’importe quoi, ce que j'ai adoré.

Simon de Naples a été dépêché à Cambridge pour son flair légendaire. S’il a l’air benêt quand il discute avec les gens, on comprend rapidement qu’il s’agit là de manipulation pour réussir à glaner des informations. Cela étant, c’est quelqu’un de très loyal,  honnête et incroyablement gentil. Mansur, quant à lui, est un Maure qui a été castré très jeune par des religieux et qui en garde une amère expérience. Comme Adelia ne peut pas s’afficher en tant que médecin, c’est lui qui endosse ce rôle et qui se fait rapidement accepter des habitants de Cambridge. A leur arrivée en Angleterre, l’équipe rencontre le père Geoffrey. Sauvée par Adelia, il lui en est tellement reconnaissant qu’il va faciliter leur installation en leur fournissant une maison et une domestique. 

La domestique qui prend en charge la joyeuse troupe s’appelle Gyltha et elle a un franc-parler bien à elle. Un peu bourrue, elle se prend rapidement d’affection pour Adelia.  Gyltha vit avec son petit-fils, Ulf, qui n'a que 9 ans mais déjà un esprit très vif. S’il n’est pas ravi de voir Adelia, Mansur et Simon débarquer, lui aussi va vite se lier d’amitié avec la jeune femme. Si j’ai eu un tel coup de cœur pour le roman, c’est grâce à cette relation qui se lie entre Ulf et Adelia. Ils s’apprivoisent petit à petit, jusqu’à ce qu’Adelia soit prête à tout risquer dans le but de le protéger.  Il se dégage une atmosphère chaleureuse quand Adelia, Simon, Mansur, Gyltha et Ulf sont ensemble, comme si on avait face à nous une famille recomposée qui fonctionne à merveille.

Enfin, Sire Rowley Picot, le contrôleur des impôts du roi Henri, réside à Cambridge depuis quelques mois et  semble s’intéresser de très près aux meurtres commis. Il revient de croisade,  il n’a pas sa langue dans sa poche et il ne supporte pas du tout Adelia qu'il prend pour une sorcière. Il m’a beaucoup fait rire et on se rend vite compte qu’il est plus intelligent et sensible qu’il ne le laisse croire. Il considère qu'une une femme devrait se contenter d’obéir ce qui n'est guère au goût d'Adelia.

Heureusement qu’il y a ces échanges très légers entre les personnages, parce que les meurtres sont particulièrement horribles. Si l’auteure ne dévoile qu’à demi-mot ce qu’ils ont subi,  on en sait suffisamment pour avoir envie de voir le meurtrier périr dans d’atroces souffrances. Ariana Franklin sait s’y prendre pour installer une atmosphère pesante et la froussarde que je suis a même eu peur à plusieurs reprises. J’ai  eu du mal à lâcher mon roman une fois les 100 premières pages passées  ! 

En résumé, si vous aimez les bons policiers historiques, je vous conseille de vous pencher sur cette auteure. La confidente des morts est un roman que j’ai dévoré, avec des personnages attachants et une atmosphère pleine de suspens !

Nicolas Le Floch T2 : L'homme au ventre de plomb (Jean-François Parot)







Edition : 10/18 :
Genre : Fiction historique / Mystère
Auteur : Jean-François Parot
Parution : 2000








Résumé : Fin de l'année 1761 : la guerre de Sept Ans prend une tournure de plus en plus désastreuse, l'expulsion des jésuites est en discussion et la marquise de Pompadour vit ses derniers temps de faveur. Nous retrouvons Nicolas Le Floch à la première des Paladins de Rameau à l'Opéra, à laquelle assiste Madame Adélaïde, une des filles de Louis XV. Durant la représentation, le comte et la comtesse de Ruissec, qui accompagnaient la princesse, sont informés du suicide de leur fils, et Nicolas suit son maître Sartine jusqu'à l'hôtel des malheureux parents, ou il va faire de bien curieuses constatations.

L’automne est enfin de retour et moi avec ! Après une longue panne de lecture qui a commencé début juin et qui s’est soldé par un été  sans lectures, il semblerait que ma saison préférée m’ait enfin fait sortir de cette situation. Et l’automne rime toujours avec fiction historique pour moi. Chaque année, dès que septembre arrive, rien ne me fait plus plaisir qu’un roman historique.

Je ne vais pas revenir sur mon amour pour Le Floch, je vous laisse le soin d’aller lire mon avis sur le tome 1 pour comprendre cette fascination (par ici). Jean-François Parot est décédé en mai dernier et nous laisse 14 romans destinés à nous faire suivre les aventures de son commissaire. Je n’ai lu que les deux premiers tomes, mais il n’en faut pas plus pour se rendre compte de l’excellence de sa plume et de ses qualités d’historien, qui manqueront à beaucoup d’admirateurs de son travail.

Presque une année s’est écoulée depuis les événements du premier tome. Nicolas, qui a été repéré par le roi, est désormais chargé d’enquêter sur les affaires « extraordinaires » et « étranges » de Paris, toujours sous le commandement du Lieutenant Général De Sartine. Lorsque des proches de Madame Adélaïde, fille de Louis XV, apprennent le suicide de leur fils alors qu'ils assistent à un Opéra, Nicolas est chargé de procéder aux premières constatations. Il lui apparaît rapidement que ce qui semble être un suicide est en réalité un meurtre. Alors qu’il tente de démêler le vrai du faux, Nicolas va devoir composer avec les intrigues de Versailles et la réticence de la famille de la victime. Bien décidé à élucider le meurtre, il va réaliser que les évènements qui s’enchaînent sont reliés à un complot beaucoup plus vaste et visant directement la personne du roi.

J’oublie souvent que Nicolas n’est âgé que de 22/23 ans. Sa ténacité, son désir de rendre la justice même au détriment de sa propre sécurité, l’attention qu’il porte aux moindres détails, tous ces traits de caractère sont assez exceptionnels pour quelqu’un de cet âge et qui débute dans la police. Fidèle à lui-même, Nicolas cherche toujours à faire son travail de manière minutieuse. Ce deuxième tome nous permet d’apprécier son intelligence, sa capacité à enregistrer la moindre parole, le moindre fait banal, de manière à les relier à une enquête particulièrement complexe. Le jeune commissaire garde ses réflexions pour lui et ne les révèle qu’à la toute fin, à la manière d’un Hercule Poirot du XVIIIème siècle (en plus jeune et bien plus séduisant…). 

Les personnages secondaires tels que De Sartine, Bourdeau, Semagcus, Monsieur de Noblecourt Catherine et Marion sont également de la partie et leurs liens avec Le Floch commencent à se renforcer. De Sartine, bien qu’étant le supérieur de Nicolas, est attaché à son protégé et n’aime pas le savoir en danger. Monsieur de Noblecourt, chez qui Nicolas loge, est rongé par l’inquiétude dès que celui-ci disparaît plus d’une nuit. L’inspecteur Bourdeau est toujours là pour sortir son supérieur d’un mauvais pas.  Avec le Comte de la Borde et le Docteur Semagcus, ils forment une joyeuse équipe dont Nicolas apprécie tout particulièrement la compagnie. C’est un régal de se plonger dans le roman et de lire à travers la plume de l’auteur le plaisir qu’a Nicolas de rentrer à l’hôtel de Noblecourt après une longue journée ou de passer une soirée en compagnie de ses amis.

J’ai également noté que Jean-François Parot devait particulièrement apprécier la cuisine du XVIIIème siècle, car peu de romans historiques décrivent aussi bien que ce mangent les héros dans les auberges où ils font halte. D’ailleurs, un livre de cuisine « A la table de Nicolas le Floch », répertorie quelques plats que l’on peut retrouver dans les différents tomes. J’admets que les descriptions m’ont souvent donné faim et que j’ai craqué pour le livre de recettes, qu'il me tarde de tester cet automne.

Enfin, il y a l’enquête, tellement bien pensée qu’il est impossible de deviner l’identité du coupable avant que Nicolas ne nous explique les tenants et les aboutissants de tout ce qu’il a pu recueillir comme éléments. Si j’aime autant me plonger dans ses aventures, c’est que je sais que je ne vais pas me dire au bout de quelques pages « c’est lui le coupable ». L’intrigue est complexe, liée au passé des personnages et certains éléments sont « cachés » au lecteur pour conserver l'effet de surprise. Sans compter les recherches de l’historien qui nous plongent au cœur des rues de Paris, avec ses odeurs, ses coutumes, ses superstitions...

En conclusion, L’homme au ventre de plomb a su me séduire, tout comme le premier tome. C’est un plaisir de retrouver la plume de Jean-François Parot et de suivre les aventures du Commissaire Le Floch dans Paris mais aussi à Versailles. C’est une saga de très grande qualité pour les amateurs de fictions historiques et pour les passionnés du XVIIIème siècle.

Keleana T4 : Queen of Shadows (Sarah J.Maas)






Genre : Fantasy
Auteur : Sarah J Maas
Edition : Bloomsbury
Parution : 1er septembre 2015
Coup de coeur








Résumé : Toutes les personnes que Keleana Sardothien a un jour aimées lui ont été prises. Mais elle est enfin de retour dans l'empire : pour se venger, pour sauver son royaume autrefois glorieux, et pour faire face aux ombres de son passé...Elle se battra pour son cousin, un guerrier préparé à mourir juste pour la revoir. Elle se battra pour son ami, un jeune homme prisonnier d'une prison inqualifiable. Et elle se battra pour son peuple, réduit en esclavage par un roi brutal.

Je n’ai pas pu résister très longtemps avant de me plonger dans le tome 4 des aventures de Celeana, alors que j’enchaîne rarement une même série. Oui mais voilà, quand c’est addictif, c’est addictif et on n’y peut rien… J’espère qu’au bout de trois chroniques, vous êtes déjà convaincu, mais si ce n’est pas le cas, je veux bien me prêter à l’exercice une quatrième fois. Je dois quand même vous prévenir que le tome 4, ainsi que les suivants, n’ont pas été traduits en français… Dernière chose, si vous voulez éviter les spoilers, ne lisez pas cette chronique, car je ne peux plus éviter de parler de certains éléments.

Ce ne sera pas une surprise, mais ce roman a une fois encore été un véritable coup de cœur. Nous avions quitté Celeana (devenue Aelin) à Wendlyn où elle développait ses pouvoirs en compagnie du Fae Rowan Whitethorn. A la fin du roman, la jeune femme avait pleinement accepté son héritage. Mais pour faire table rase du passé et embrasser son destin, Aelin a encore quelques comptes à régler à Rithfold. La championne du roi est donc de retour dans la capitale, en catimini. Elle y retrouve les fantômes de son passé, mais également Chaol Westfall, qui n’est pas si enchanté que ça de la revoir malgré leur histoire commune. Peu importe son opinion, Aelin est bien décidée à renverser le roi et pour cela, elle a besoin de ses pouvoirs et elle entend bien faire revenir la magie dans le royaume.  Et il s’avère que Chaol a peut être découvert un moyen d’y parvenir…

Aelin revient à Rithfold complètement transformée. Déterminée, prête à accomplir son destin, elle ne laissera plus personne l’arrêter. Pour mener à bien ses projets de reconquête, elle n’hésite pas à renouer avec certaines personnes de son passé, notamment le Maître des assassins, Arobynn Hamel. Vous n’aurez pas beaucoup entendu parler de lui, à moins d’avoir lu The Assassin’s blade, qui correspond au tome 0,5. Je vous conseille donc de lire ce prequel avant Queen of Shadows.

Aelin retrouve tout d’abord Chaol Westfall à Rithfold. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce dernier lui réserve un accueil assez glacial…. Au final, si tout va mal, pour Chaol, c’est à cause d’Aelin. Ce dernier semble incapable de faire face à ses mauvais choix et ses erreurs et trouve plus simple de reprocher à la jeune femme tout et n'importe quoi. Il n’évolue pas, alors que tout le monde autour de lui prend des décisions. Toujours tiraillé entre sa loyauté, son désir de protéger son peuple, quitte à accuser Aelin d’être un véritable « monstre », Chaol ne fait que proférer des inepties… Son comportement m’a beaucoup agacé. Le voir traiter si mal Aelin alors que la jeune femme a toujours été loyale, c’était tout bonnement incompréhensible. 

Dorian ne nage pas spécialement dans le bonheur dans ce tome 4 mais je ne vais pas rentrer dans les détails pour ne pas trop dévoiler l’intrigue. Son personnage prend néanmoins beaucoup d’importance à la fin du roman, et comme pour Aelin dans le tome 3, je pense que Queen of Shadows marque une rupture dans la vie de Dorian et permet d’apercevoir le leader qu’il sera à son tour. Il gagne en maturité lui aussi et devient beaucoup plus sage que le don juan rencontré dans le premier tome.

Aedion n’est pas mieux loti puisqu’il est emprisonné, à la merci du roi. Il a conscience qu’il n’est qu’un appât, destiné à attirer Aelin directement au château. Le général préfère encore se sacrifier plutôt que de mettre en danger sa cousine et ce, même si cela signifie qu’il ne la reverra pas. Mais c’était sans compter Aelin, qui est bien décidée à le sauver et à retrouver le seul membre de sa famille encore en vie. Leurs retrouvailles sont vraiment très touchantes, il y a une forte complicité entre eux depuis l’enfance, ce que l’on comprend grâce à certains flashs back. J’adore Aedion, son côté guerrier au cœur tendre me fait fondre. Je suis contente de voir qu’Aelin n’est plus seule et qu’elle retrouve enfin quelqu’un de son passé.

On retrouve également Manon Blackbeak. Ses guerrières et elle sont stationnées à Morath, auprès du Duc Perrington, le « second » du roi. Manon est dans le flou le plus complet quant aux intentions du monarque et de l’armée qu’il semble créer aux pieds de la tour. Mais elle va vite devoir choisir entre obéir aveuglément ou prendre son destin en mains. Elle commence à s’émanciper et à se rendre compte qu’avoir été une sorcière immortelle façonnée comme une vraie machine de guerre l’a fait passer à côté de l’essentiel, à savoir que l’on peut être une incroyable guerrière sans pour autant avoir à renoncer à son humanité. J’espérais beaucoup une rencontre entre Aelin et Manon et c’est encore plus explosif que ce que je pouvais espérer.

Evidemment, impossible de ne pas mentionner Rowan Whitethorn, toujours aussi sexy, frustrant et protecteur envers Aelin. Si Rowan est absent au tout début du roman, il se rattrape très vite ensuite. Son soutien est un pilier essentiel pour Aelin, qui a un très lourd fardeau sur les épaules. Il l’aide à garder les pieds sur terre et à se montrer patiente et réfléchie. Leur relation évolue réellement et leurs petits moments sont une bouffée d’oxygène dans un roman plein de tensions !

Trois nouveaux personnages féminins font leur apparition, deux aux côtés d’Aelin et une aux côtés de Manon. Lysandra est une courtisane qui a évolué dans le même cercle qu’Aelin lorsqu’elle résidait chez Arobynn Hamel. Les deux jeunes femmes vont devenir alliées.  Lysandra  apporte une touche féminine dans son univers résolument masculin. Aelin fait également la connaissance de Nesryn, qui aide Chaol à faire fuir les rebelles et les cibles du roi. Encore un personnage qui démontre que Sarah J Maas a un penchant pour les héroïnes badass. Quant à Elide, elle est esclave et croise le chemin de Manon Blackbeak. 

Sarah J Maas fait vraiment évoluer ses personnages dans chaque tome et c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas dans toutes les sagas. Mais avec Throne of glass, ils changent  au fil des expériences et des épreuves qu’ils endurent, ce qui leur confèrent un caractère d’autant plus attachant. Et dans chaque tome, de nouveaux personnages apparaissent, qu’elle prend le temps d’approfondir, ce qui apporte un peu de renouveau à l’intrigue. Dans ce tome 4, on voyage encore un peu plus en découvrant Morath et sa tour terrifiante. Mais surtout, on apprend enfin quelle est la menace qui plane réellement sur Aelin et sur le royaume tout entier. Et force est de constater que le mal n’est pas forcément là où on pouvait l’attendre. Queen of Shadows est plein de rebondissements auxquels on ne s’attend pas, on ne s’ennuie jamais et on retient son souffle très souvent.

Si vous n’êtes toujours pas convaincu, je ne peux rien faire de plus…mais promis j’essaierai encore avec le tome 5 ;)

La famille St John T1 : L’amour en 9 défis (Sarah MacLean)






Edition : J’ai lu pour elle
Genre : Romance
Parution : 24 août 2016
Auteur : Sarah MacLean









Résumé : Gabriel, marquis de Ralston, vient d'apprendre l'existence de sa sœur bâtarde Juliana. Pour lancer dans le beau monde cette jeune fille, il lui faut un chaperon exemplaire. Pourquoi pas lady Calpurnia Hartwell qui est considéré comme un parangon de vertu ? Elle sera garante de la réputation de Juliana. Sauf que Calpurnia est en train de se rendre compte que sa vie l'ennuie profondément. Elle a même établi une liste de choses scandaleuses à faire avant de finir ses jours dans la peau d'une vieille fille flétrie. Et pour cela, elle compte bien sur Gabriel, le débauché le plus célèbre de Londres.

Ah les aventures et passions, je crois bien que c’est mon « guilty pleasure ». Quand j’ai besoin d’une dose de romance irréaliste qui se déroule au XVIIIème ou XIXème, je me tourne vers cette collection. Cela étant, j’ai réalisé récemment que je n’en n’avais pas lu depuis plus d’un an. « L’amour en 9 défis » me tentait depuis quelques temps déjà et le résumé me laissait présager une bonne dose de rire pendant ma lecture, je l’ai donc sorti de ma PAL et sans surprise, l'humour était au rendez vous.

Gabriel, Marquis de Ralston a été abandonné par sa mère alors qu’il n’avait que 10 ans, une tragédie qui l’a beaucoup marqué. Après cette désertion, son père n’a plus été que l’ombre de lui-même et Gabriel a dû rapidement endosser le rôle de Marquis, épaulé par son jeune frère jumeau Nicholas. Alors qu’il se croyait à l’abri du scandale depuis plusieurs années maintenant, surprise, sa jeune sœur bâtarde Juliana débarque d’Italie. La jeune femme se révèle un brin rebelle et un peu trop franche pour la bonne société Londonienne de l’époque (1823). Sa bâtardise n’est pas non plus son meilleur atout. Gabriel est pourtant bien décidé à ce que cette société bien-pensante finisse par l’adopter et ce alors qu’il traîne lui-même un passé de débauché derrière lui. Et voilà qu’apparaît, presque comme tombée du ciel, Lady Calpurnia Hartwell. A 28 ans, Lady Calpurnia est considérée comme une vieille fille, à la vertu irréprochable. La personne idéale pour guider Julianna dans la haute société. Mais depuis quelques temps, Lady Calpurnia Hartwell commence à penser qu’elle n’a jamais vraiment profité de la vie et elle a envie d’aventures. Elle parvient donc à conclure un marché avec le plus célèbre débauché de Londres en échange de ses services auprès de Juliana : qu’il l’aide à accomplir une liste de neuf choses absolument scandaleuses sans qu’elle ne se fasse prendre.

Le personnage de Gabriel renferme une blessure qui n’a jamais vraiment guérie. Quand sa mère a abandonné sa famille, il ne l’a jamais oublié et refuse maintenant de s’engager. Il a tendance à vouloir régenter tous ceux qui gravitent autour de lui.   Pourtant, au fond, c’est quelqu’un de généreux, prêt à tout pour défendre sa jeune sœur « bâtarde ». De même, on retrouve cet instinct protecteur envers Lady Calpurnia, qui a tendance à se mettre dans des situations compromettantes, ce qui  le rend beaucoup plus nerveux pour sa réputation que la principale concernée. J’ai beaucoup aimé leurs échanges remplis de taquinerie et les airs horrifiés de Gabriel devant la liste scandaleuse de Calpurnia. Même s'il finit toujours par l'aider au final...

Quant à cette dernière, elle en a assez d’avoir passé 28 années de sa vie au bord de la piste de bal sans que personne ne l’invite jamais à danser. Son existence devient de plus en plus oppressante jusqu’à ce que, sur les conseils de son frère (qui le regrettera ensuite), elle rédige une liste de 9 choses scandaleuses qu’elle aimerait beaucoup faire. Si ce n’est qu’une idée en l’air au début, la jeune femme va avoir l’occasion de la mettre à exécution lorsque Gabriel la sollicite pour aider Juliana. Après tout, quitte à se compromettre, autant le faire avec le plus célèbre débauché de Londres. J’ai apprécié ce personnage qui a passé trop de temps à s’entendre dire qu’elle était terne et insignifiante. La suivre m’a beaucoup fait rire. Le principe du roman est que Calpurnia doit réaliser 9 défis. Sans vous les citer tous, elle a notamment pour objectif d’entrer dans un club réservé aux hommes pour faire de l’escrime, d'aller boire un verre dans une taverne…Tous ces défis sont plus loufoques les uns que les autres pour l’époque et donnent lieu à des situations cocasses, surtout lorsque Gabriel  se retrouve mêlé à ces aventures bien malgré lui.

En résumé, « L’amour en 9 défis » est un roman qui vous fera rire le temps de quelques heures. De l’humour, des personnages attachants, de l’aventure et une romance, que demander de plus ? Et vous, l’avez-vous lu, si oui qu’en avez-vous pensé ?

Keleana T3 : L'héritière de feu / Heir of Fire (Sarah J Maas)







Edition : Bloomsbury
Genre : Fantasy
Auteur : Sarah J.Maas
Parution : 11 septembre 2014
Coup de coeur









Résumé : Doté de pouvoirs de Fae qu'elle peine à maîtriser, Keleana n'est sûre que d'une chose : elle ne sera plus la marionnette de roi d'Adarlan. Envoyée en mission loin du royaume, elle est prête à tout pour libérer le monde de sa tyrannie. Mais seule Maeve, la dangereuse et trouble reine des Fae pourrait apporter les réponses à ses questions et les armes pour défaire le roi. Et cette alliance pourrait coûter cher à Keleana... L'assassineuse parviendra-t-elle à atteindre son but sans y laisser son âme?

Je continue sur ma lancée avec la chronique du troisième tome de Keleana (tomes 1 et 2 par ici et par ). A chaque fois je pense que le tome que je lis est mon préféré, mais le tome suivant est encore meilleur. J’ai été littéralement happé par ma lecture. Sarah J.Maas monte en puissance, avec une intrigue qui se développe, un monde qu'elle étend et des personnages dont elle révèle petit à petit toute la complexité.  Je suis en pleine lecture du tome 4 et il devient nécessaire de vous faire cette chronique car les personnages évoluent tellement que mon avis varie du tout au tout. Je crois que le tome 3 restera mon tome préféré.

Changement de décor pour Celeana qui navigue vers Wendlyn sur ordre du roi d’Adarlan. La jeune femme accepte de partir vers ce nouveau continent où la magie existe toujours, non pas pour obéir au roi, mais pour tenir une promesse. Néanmoins, les évènements qui se sont déroulés à Adarlan ont transformé Celeana qui se laisse sombrer dans le désespoir….jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre de Rowan Whitethorn, un guerrier Faë chargé de la ramener auprès de sa tante, la très puissante et immortelle reine Maeve, seule susceptible de lui apporter les réponses qu’elle recherche. Mais tout a un prix et Maeve exige que Celeana développe ses pouvoirs, ce qui lui était impossible à Adarlan où toute forme de magie a été éradiquée. La jeune femme commence alors un entraînement avec Rowan, pour apprendre à maîtriser son don : le feu. Mais accepter cet héritage n’est pas si facile qu’il n’y paraît et cela implique de retourner dans un passé qu’elle aurait préféré oublier.

Celeana Sadorthien est un personnage aux rouages complexes,  sur lequel Sarah J.Maas a fait un travail exceptionnel. Je ne me lasserai jamais de dire à quel point je l'adore. Elle continue sa lente évolution, qui trouve son apogée dans les dernières pages. Il y a avant et un après, une transition entre la Celeana qu’on a découvert et appris à aimer pendant deux tomes et demi et la Celeana qui, à la fin du roman, affronte son passé, fait la paix avec ses démons et se relève non plus comme une adolescente, mais comme une femme forte qui a  enfin accepté la mission que le destin lui a confié. Elle souffre encore beaucoup, notamment parce qu’elle sait qu’elle ne peut plus « oublier » son passé comme elle l’a fait pendant 18 ans. Un passé dont on avait seulement des indices mais que l’auteure nous révèle dans toute sa brutalité. C’est un peu le tome de la renaissance pour Celeana, qui accepte de reprendre son véritable prénom, Aelin et qui se dirige pas à pas vers le chemin de la guérison

Chaol est resté à Adarlan, dans le château de verre. Sa principale préoccupation est de protéger Dorian des conséquences catastrophiques qui pourraient se produire si le roi d’Adarlan apprenait que son fils maîtrise la magie. Je suis en pleine lecture du tome 4 et que je déteste Chaol en ce moment…mais je vais essayer de rester objective et de me cantonner à ce que j’ai ressenti durant la lecture du tome 3.  Chaol commence enfin à s’interroger sur les actions du roi qu’il sert, tout en étant tiraillé par ce qu’il a appris sur Celeana. Pour la protéger, ainsi que Dorian, il commence à échanger avec le groupe de rebelles qui s’est réuni dans Rithfold. Une lente évolution s’amorce aussi pour ce personnage (mais bon, ça ne va pas continuer…oui je sais on a dit objectivité). J’avais déjà pointé cette difficulté qu’a Chaol à choisir un camp. Il ne veut pas que son peuple souffre, ce qui reste honorable, donc il ne prend pas parti. A vrai dire, j’ai aimé Chaol dans le tome 3 parce qu’il prend enfin des décisions importantes, notamment dans les dernières pages du roman, mais ce sentiment s’est estompé depuis que je lis le tome 4.

Dorian, quant à lui cherche à trouver un moyen de contrôler sa magie et d’éviter la décapitation…On peut comprendre que ça l’occupe durant presque tout le roman. Il s’éloigne peu à peu de son ami Chaol quand il comprend que celui-ci lui a caché ce qu’il a appris sur Celeana, mais également qu’il discute tranquillement avec des rebelles sans le tenir informé. Comme Celeana n’est plus là, il se tourne vers Sorsha, une guérisseuse du Palais qui va tout faire pour l’aider à maîtriser sa magie. J’apprécie de plus en plus Dorian qui n’hésite pas à remettre Chaol à sa place et qui commence enfin à montrer les signes d’un futur grand leader pour son peuple. Etre le fils d’un tyran ne lui épargne pas les souffrances et mon cœur s’est serré à plusieurs reprises, notamment parce que son père n’a aucune considération pour lui et qu’il n’est qu’un simple outil dans son vaste plan.

Il y a des personnages qu’on retrouve avec plaisir et d’autres qui font leur apparition et qui viennent dynamiser l’intrigue.

Le premier, et pas des moindres, c’est Rowan Whitethorn, un guerrier Faë immortel qui est au service de la reine Maeve. Bon, pour être honnête, au début du roman, il est absolument infect et détestable envers Celeana. Il méritait vraiment une bonne paire de claques et j'ai eu du mal à l'apprécier tout de suite. Mais comme tout guerrier Faë grognon qui se respecte, Rowan traîne derrière lui un lourd passé et il a tendance à voir Celeana comme une gamine de 17 ans qui ne fait que chouiner, sans véritablement comprendre qu’elle en a déjà énormément bavé. Une fois qu’il commence à raisonner intelligemment (oui, j’avais vraiment une dent contre lui), il devient plus gentil avec elle et là…*soupirs de groupie*. Celeana est un peu à court d’ami fidèle et Rowan va l’aider à se reconstruire lentement. C’est en partie grâce à lui qu'elle se relève plus forte que jamais. Un lien très fort va se créer entre eux et il va devenir un ami fidèle et sincère, un guerrier prêt à combattre jusqu’à la mort à ses côtés. Malgré tout, Rowan a ses mauvais côtés : il est arrogant et il estime qu’il a toujours raison…bref on l’adore.

Le deuxième personnage masculin à faire son entrée dans la vie de Celeana (pas au sens propre vu qu’ils ne se croisent même pas dans ce tome), c’est Aedion Ashryver. Aedion est le cousin de Celeana. Petit problème, il est au service du roi d’Adarlan…du moins en apparence. A Rithfold, il rencontre Chaol et les deux militaires vont s’allier pour sauver de nombreux innocents. Aedion attend avec impatience le retour de sa cousine. Les évènements qui se sont déroulés 10 ans plus tôt les ont séparés alors qu’ils étaient très proches. Ce personnage est mon chouchou, il est brave, loyal, honorable, c’est un pur guerrier.

Et enfin, un personnage féminin fait son apparition et une sorcière s’il vous plaît. On ne peut pas dire que Manon Blackbeak soit attachante au début de l’intrigue…impitoyable, sans merci, terrifiante à la rigueur mais pas attachante. Le roi a convoqué les sorcières dans le but de les faire monter ses « wyverns », créatures qui s'apparentent à des dragons. J’ai fini par être conquise par ce nouveau personnage, notamment quand elle fait la rencontre de son dragon, Abraxos. La sorcière impitoyable découvre qu’elle peut éprouver des sentiments. J’espère que Manon finira par croiser la route de Celeana car c’est une  badass elle aussi.

Sarah J Maas continue d’étendre son univers en nous faisant découvrir un nouveau continent ainsi que de nouvelles espèces comme les Faë et les sorcières. Bref, vous l’aurez compris, ce tome était excellent sans longueurs, avec des rebondissements à chaque chapitre et un final à la fois explosif et terrifiant. Je ne vous conseille pas de le lire sans avoir le tome 4.


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