La fortune des Rougon (Emile Zola)






Genre : Classique
Edition : Le livre de poche
Auteur : Emile Zola
Parution : 14 octobre 1871









Résumé : Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d'État d'où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d'amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d'eux, c'est aussi la naissance d'une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s'ouvrir.

La saga des Rougon-Macquart constitue l’œuvre de toute une vie pour Emile Zola puisqu’elle se compose de 20 romans étalés sur 22 années. Ce vaste ensemble a pour sous-titre « Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire ». Si certains titres vous parlent forcément comme « Germinal », « Au bonheur des dames », « L’assommoir » ou « Nana », d’autres sont relativement inconnus. Quand mon envie de classique est réapparue à la fin de l’été, j’ai jeté mon dévolu sur Emile Zola. Et comme je n’aime pas faire les choses dans le désordre j’ai décidé de lire la saga dans l’ordre chronologique en commençant par « La fortune des Rougon ». Le sous-titre de cet ensemble est plutôt révélateur puisque Zola avait dans l’idée d’étudier les mœurs de son époque en écrivant une saga qui devait à la base se composer de dix romans et porter sur une seule et même famille.

Cette œuvre magistrale a pour base la théorie selon laquelle on retrouve forcément les tares héréditaires d’une famille dans les générations successives, ces tares se révélant de différente manière selon le milieu dans lequel vit l’individu. Plus qu’une œuvre sociologique, Zola nous offre un formidable témoignage de la vie sous le Second Empire. Chacun des tomes a été précédé d’un dossier préparatoire lui ayant pris plusieurs mois, dossier dans lequel il notait toutes ses inspirations, mais aussi ses visites, ses interviews avec les gens du milieu qu’il souhaitait dépeindre. Si vous voulez en savoir davantage sur Emile Zola, je vous conseille la biographie d’Henri Troyat que vous pouvez trouver aux éditions Le livre de Poche et qui est  rempli d’anecdotes.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas de biographie dont je vais vous parler, mais de « La fortune des Rougon », le tome introductif de la saga des Rougon-Macquart. A la base de cette famille, Adelaïde Fouque, nommée « Tante Dide » par sa famille. Adélaïde s’est mariée avec le jardinier de la famille, Rougon, avec qui elle a eu un fils, Pierre (né en 1787). Ce dernier décède deux ans après le mariage et la jeune femme prend alors pour amant le contrebandier Macquart, avec qui elle aura deux enfants : Ursule (née en 1791) et Antoine (né en 1789). Les bases du roman sont posées et l’action commence véritablement des années plus tard, en 1851.  Entre Pierre, l’enfant légitime, et Antoine et Ursule, les enfants naturels, la guerre est très vite déclarée. Pierre Rougon veut s’élever dans la société et effacer toute trace de son passé. Sa mère représente un obstacle, tout comme son frère et sa sœur, à qui il ne veut pas laisser une part de son héritage. Si sa sœur disparaît rapidement de l’intrigue, on assiste à une lutte sans merci entre les deux frères et à l’ascension de Louis Napoléon Bonaparte. Tous les coups bas sont permis pour profiter des évènements historiques et obtenir un poste haut placé. En parallèle, Zola nous fait découvrir l’histoire d’amour de Miette et de Silvère Mouret, le fils d’Ursule Macquart, entraînés malgré eux dans la lutte fratricide entre Pierre  et Antoine.

Pierre Rougon est un opportuniste. Il a quitté la maison de sa mère dès qu’il l’a pu, épousé la fille d’un commerçant pour pouvoir reprendre ledit commerce et arnaqué ses demi frères et sœurs. Pourtant, en 1851, alors qu’il est âgé de 64 ans, on ne peut pas dire qu’il a réussi dans la vie. Son commerce a survécu tant bien que mal au fil des ans sans engranger de sérieux bénéfices et il a tout juste de quoi louer un minuscule appartement avec son épouse. Ses trois fils, Eugène, Aristide et Pascal, en qui il avait investi beaucoup d’argent et d’espoir, l’ont tous déçu. Mais le futur coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte lui donne la chance de sa vie, celle de s’élever enfin dans la société et d’obtenir un poste d’importance en tant que notable de la ville de Plassans. Tous les coups sont permis pour y parvenir. C’est un homme sans conscience ni morale, qui veut être certain d’être du côté des vainqueurs avant de miser ses cartes. Son épouse, Félicité, est du même gabarit que lui. 

Antoine Macquart, quant à lui, est un ivrogne dont le principal objectif est de passer ses journées au bar sans avoir à travailler une seule minute de sa vie. Il a choisi son épouse, Joséphine, selon ce principe. Dans le ménage, c’est elle qui cumule les boulots pour faire vivre son foyer, pendant qu’Antoine peut rester oisif toute la journée. Quant à ses enfants, Gervaise et Pierre, ils doivent suivre l’exemple de leur mère et fournir le fruit de leur travail à Antoine. Agé de 62 ans au moment du coup d’état, il se retrouve dans la misère lorsque sa femme meurt subitement et que ses enfants lui tournent le dos. Contrairement à son frère Pierre, il décide de soutenir les Républicains qui s’opposent à Louis Napoléon Bonaparte.

Silvère Mouret, le fils d’Ursule, a été élevé par sa grand-mère Adélaïde dès l’âge de 6 ans. Cette dernière, à moitié folle, a toujours eu beaucoup de tendresse pour son petit-fils. Mais Silvère n’a eu aucune éducation, si ce n’est celle qu’il a acquis grâce à ses lectures et qui en ont fait un amoureux de la République, un idéaliste qui croit dur comme faire à l’égalité entre les hommes et qui ne veut surtout pas d’un second empire, quitte à prendre les armes pour se battre. Il est amoureux de Miette, une jeune fille dont le père a été envoyé aux galères pour avoir tué un gendarme.

Le premier tome des Rougon-Macquart est avant tout un tome introductif. Il présente pendant une grande partie du roman l’histoire des origines de la famille ainsi que la ville de Plassans. Les descriptions sont donc assez longues et peuvent vite lasser. Ce n’est que dans la deuxième partie du roman que l’action se met réellement en place et qu’on assiste à une lutte sans merci au cours de laquelle les bonnes actions des uns sont rarement récompensées. L’histoire d’amour entre Miette et Silvère contraste avec cette guerre acharnée entre les deux frères mais aussi entre deux camps, les républicains et les bonapartistes. Si ce n’est probablement pas le meilleur tome de la saga du à son rythme lent, j’ai tout de même apprécié ma lecture car « La fortune des Rougon » nous raconte les origines de la famille Rougon-Macquart et nous permet de nous familiariser avec les différents personnages. Le principe même de retrouver les générations futurs dans les prochains tomes me plaît beaucoup.

En conclusion, « La fortune des Rougon » n’est pas un roman que je conseille à ceux qui débutent avec les classiques, car le rythme lent et les descriptions un peu trop longues pourraient en écœurer certains. Mais pour ceux qui sont un peu plus familiers du genre, c’est une étape nécessaire pour comprendre toute la portée de l’œuvre d’Emile Zola et ses intentions au moment de la rédaction de la saga.  Le deuxième tome, « La Curée », porte sur Aristide, l’un des fils de Pierre.

18 commentaires:

  1. J'ai lu germinal de Zola et j'avais plutôt bien aimé ! :) alors pourquoi pas tenter celui-ci :)

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    1. Pour découvrir l'oeuvre de Zola, c'est l'idéal en tout cas ! :)

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  2. J'ai déjà lu Germinal et L'Assommoir, que j'avais adoré, et j'ai d'autres livres de Zola dans ma PAL que je compte lire pendant les vacances. Celui-ci les rejoindra dès que possible : j'ai bien l'intention lire tous les livres de cet auteur, même si ça prendra au moins 10 ans. ^^

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    1. Oh ça ne prendra pas 10 ans, vous lisez assez vite, je suis impressionnée par votre rythme ! Mais comme tu aimes les classiques, je pense qu'en effet c'est bien de commencer par le premier tome pour comprendre toute la portée de son oeuvre :)

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  3. Arhg, j'allais dire comme Julie. ^^' Je finirai bien par lire celui-ci un jour, reste à savoir quand haha !

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    1. Je suis sûre que tu trouveras le temps de le lire, surtout que tu aimes les classiques :)

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  4. J'ai lu lire un ou deux de ses livres pour les cours, mais jamais pour mon plaisir... Il faudrait que j'essaye de changer ça !

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    1. C'est souvent le problème, quand on lit pour les cours ça devient une corvée et ça dégoûte vite des classiques. Moi aussi j'ai eu ce problème, ensuite j'ai essayé à nouveau et maintenant j'apprécie beaucoup plus mes découvertes :)

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  5. N'étant pas friande des classiques, commencer par du Zola n'est certainement pas génial. En tout cas, ce n'est pas un auteur que je désire lire dans ce domaine, pour le moment !

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    1. Je pense que ce n'est pas le premier classique à lire si on n'est pas familier du genre, ça pourrait effectivement te dégoûter ensuite !

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  6. J'ai lu 2 ou 3 Zola au collège / lycée, mais j'aimerais bien me faire la totale, dans l'ordre et tout. Le truc, c'est que je repousse parce que j'ai peur de l'ampleur de la chose. Du coup, je n'avance pas.
    Bref, j'ai vraiment envie de m'y mettre, peut-être avec un tous les trimestres (ça va me prendre des années à ce train-là).

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    1. J'avoue que c'est ambitieux mais après c'est un tome / une histoire donc tu peux faire des pauses comme tu le souhaites c'est l'avantage :). Et oui un par trimestre c'est déjà bien, ensuite si tu aimes tu les enchaîneras certainement :)

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  7. Je ne connais pas georgia caldera, je dois avoir honte ? ^^

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  8. Avant celui-là, j'avais lu quelques uns de ses livres comme Germinal et Nana, et j'ai eu parfois du mal à rentrer dans l'histoire. Déjà le début est rempli de descriptions sur les lieux qui ont bien ralenti ma lecture malheureusement...

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    1. Alors ne commence pas parce celui-ci parce qu'il commence par une très longue description, ça risque de te dégoûter à tout jamais !

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  9. La Fortune des Rougon n'est pas le plus connu des romans de Zola et c'est dommage parce qu'il a beaucoup de qualités. Personnellement, je l'aime beaucoup même si ce n'est pas le plus palpitant ni le plus captivant...mais l'histoire de Miette et Silvère aura toujours le don de m'émouvoir je crois. Je l'ai relu il y'a peu et je l'ai redécouvert ! L'oeuvre de Zola est indémodable et quand on est fan, on ne s'en lasse jamais ! ;)

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    1. Je pense en effet que ce n'est pas le meilleur (mais je n'en n'ai lu que deux pour le moment) parce qu'il prend trop de temps au début pour les descriptions du village etc. Mais franchement, il faut le lire pour découvrir les origines de cette famille, moi je n'aime pas commencer à l'envers et j'aime comprendre le pourquoi du comment XD. L'histoire entre Miette et Silvère est tellement touchante en plus !

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