La Curée (Emile Zola)







Edition : J’ai lu
Genre : Classique
Auteur : Emile Zola
Parution : octobre 1871









Résumé : Paris déchiqueté par les grands travaux décidés par Napoléon III devient un chantier sur lequel se construisent les ambitions. Saccard, né Aristide Rougon, veut faire fortune à tout prix. Employé à l'Hôtel de Ville, il connaît les projets avant tous et tire bénéfice de ce savoir, en toute illégalité. Promu au faîte de la société, il épouse Renée et son nom à particule pour se lancer à la conquête du grand monde. La jeune mariée s'éprend de Maxime, le fils de son légitime époux... 

Je sais, je sais, je vais encore vous parler de Zola. Mais ce sont les deux seuls livres que j’ai lu au mois d’août, alors ce n’est pas ma faute.  Je ne vais pas vous refaire mon speech sur ma soudaine envie de Zola, pour découvrir pourquoi j’ai décidé de me mettre à cet auteur, je vous invite à aller consulter la chronique du premier tome des Rougon Macquart par ici.

Avec ce nouveau roman, Zola nous fait quitter Plassans pour Paris, juste après la proclamation du second Empire de Louis Napoléon Bonaparte, un Paris qui se modernise sous l’impulsion du Baron Haussman et des grands travaux architecturaux entrepris dans la capitale. Aristide Rougon, le fils de Pierre Rougon (héros du premier tome, « La fortune des Rougon ») a décidé de tenter sa chance à Paris en commençant par changer de nom et en prenant le patronyme de Saccard. A peine arrivé, il parvient à épouser une riche héritière, Renée, et gravit rapidement les échelons de la société après avoir pris connaissance des projets d’embellissement de la ville en tant qu’employé à la mairie. Grâce à la spéculation, il devient rapidement un homme riche et respecté, aimant par-dessus tout jouer avec le feu et en voulant toujours davantage. Sa femme et lui s’entendent, car Aristide l’a sauvé d’un mauvais pas et qu’il la laisse s’afficher aux bras d’amant, tout en lui payant tout ce qu’elle désire. Mais Renée s’ennuie dans cette vie mondaine et se prend soudain de passion pour Maxime, le fils d’Aristide

Aristide Saccard est fidèle au personnage que l’on a rencontré dans le premier tome : malin, rusé, prudent, sachant tirer parti des opportunités qui s’offrent à lui et ne reculant devant rien pour parvenir à gravir les échelons de la société. Peu lui importe que son épouse ait des amants, il la considère comme une vitrine, le fait qu’elle soit désirée et admirée de tous sert ses propres intérêts. S’il devient immensément riche grâce à ses manigances, il adore jouer avec le feu, se lancer dans des opérations complexes et savourer la victoire durement gagnée. C’est un homme sans conscience ni morale fidèle à la conception que Zola a voulu représenter dans la saga. On retrouve chez lui les tares de son père Pierre et le caractère rusé de sa mère Félicité.

Renée, son épouse, s’est retrouvé mariée par un concours de circonstances désastreux. Même si elle n’aime guère Saccard (elle a 20 ans de moins que lui), elle s’entend de manière cordiale avec lui. Pendant que son mari mène ses affaires, elle s’affiche dans les soirées avec des toilettes toujours plus somptueuses les unes que les autres. Renée a tout, la beauté, la jeunesse (30 ans) la richesse, des tas d’amants à ses pieds, une vie confortable et relativement libre. Mais Renée s’ennuie et se lasse rapidement de tout ça. Elle est l’illustration d’une société qui vit trop vite, dans l’outrance et la décadence, toujours à la recherche de sensations nouvelles. Maxime, son beau-fils, n’a que 7 ans de moins qu’elle et l’accompagne dans toutes ses soirées. Au cours d’une de ces fêtes, son regard sur Maxime change radicalement et elle se prend d’une passion dévorante pour lui.

Maxime Saccard a passé les 13 premières années de sa vie à Plassans, élevé par sa grand-mère, avant de débarquer à Paris. C’est un jeune homme efféminé, aimant la mode et la beauté et s’attirant rapidement les faveurs de toutes les amies de sa belle-mère. Il vit une vie pleine de soirées et de folies grâce à l'argent de son père. Quand Renée jette son dévolu sur lui, il ne résiste pas bien longtemps et prend cela comme une fatalité, quelque chose qui devait arriver tôt ou tard. Si cette passion l’amuse au début, Renée commence rapidement à devenir envahissante au grand dam de Maxime qui doit épouser une riche héritière bossue.

Dans le premier tome, Zola nous dépeignait le quotidien et les manigances propres à une ville de Province. Avec La Curée, il nous plonge dans l’univers de la bourgeoisie parisienne après le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte, un univers dans lequel l’argent peut vous conduire aux plus hauts niveaux de la bonne société et où toutes les folies sont permises. Il nous offre une vue d’ensemble de tous ces hommes et femmes corrompus par l’argent, le sexe et l’abondance. Je dois avouer que ne connaissant absolument pas Zola, j’ai été très surprise de découvrir que le deuxième tome de la saga portait sur un sujet aussi délicat que l’inceste. Néanmoins, après avoir lu sa biographie, je comprends mieux pourquoi il était la cible de toutes les critiques à son époque. Il ne mâchait pas ses mots et dépeignait la société tel qu’il la percevait.

J’ai préféré « La Curée » à la « Fortune des Rougon », car les bases du roman ayant été posées avec le premier tome, on peut directement entrer dans l’action. La seule chose qui m’a dérangée, ce sont les trop longues descriptions. Je repense notamment à une scène où Zola décrit l’intérieur d’une serre avec le nom de toutes les plantes possibles et imaginables, sur plusieurs pages. Le lecteur lambda comme moi ne connaît aucun de ces noms scientifiques et cela n’apporte pas grand-chose à l’intrigue.

En conclusion, « La Curée »  est une œuvre  peu connue par rapport mais qui mérite qu’on se penche dessus. Le thème abordé est très délicat pour l’époque dans laquelle Zola vivait et c’est un  bon témoignage de la société sous Louis Napoléon Bonaparte.

29 commentaires:

  1. Ta chronique est vraiment excellente et me donne encore plus envie de lire moi aussi cette saga familiale.

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    1. Merci beaucoup, j'espère que tu te laisseras tenter ! :)

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  2. Ce livre a l'air vraiment intéressant, mais je pense d'abord lire le tout premier tome avant. :) Et encore avant, lire ceux qui m'attendent dans ma bibliothèque ! Tu as lu Thérèse Raquin ? Tu en as pensé quoi (si tu l'as lu) ? Je compte le lire pendant les vacances. :)

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    1. Oui c'est mieux de commencer par "La fortune des Rougon", surtout pour toi qui est habituée des classiques ! Non je n'ai pas encore lu Thérèse Raquin mais je compte le faire très prochainement aussi :)

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  3. J'ai déjà lu Nana, Germinal et L'Assommoir de Zola et je ne compte pas m'arrêter là. ^^ Celui-ci a l'air vraiment bien ! Je le garde en tête pour des vacances, je ne sais pas encore lesquelles haha. ^^

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    1. Ce sont les plus connus, j'ai hâte de les découvrir aussi ! J'espère que tu apprécieras La Curée, il vaut le coup d'être lu :)

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  4. C'est également les descriptions qui m'inquiètent un peu. Bon, au pire, le fait de sauter quelques passages quand on n'est pas passionné est un droit inaliénable du lecteur !

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    1. Tout à fait, le lecteur a tous les droits ! Non mais après ça va, l'histoire est passionnante du coup on lui pardonne ses petites digressions *en mode, je me lâche dans mon récit*

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  5. C'est également les descriptions qui m'inquiètent un peu. Bon, au pire, le fait de sauter quelques passages quand on n'est pas passionné est un droit inaliénable du lecteur !

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  6. Oh je pense que je lirais ce livre là ! Je ne suis pas vraiment fan de Zola mais je ressens toujours de la satisfaction à lire ses oeuvres, comme si je venais de faire une bonne action (je suis bizarre haha) !

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    1. Je comprend, je crois que beaucoup de gens ressentent la même chose après avoir lu un classique XD.

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  7. Je l'ai dans ma PAL! :) J'aime troooop Zola *o*

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    1. Je commence à vraiment apprécier son style moi aussi, je comprend pourquoi il a eu tant de succès :)

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  8. Je ne suis pas fan de la plume de Zola, les longues descriptions qu'il fait me plaisent moyen^^' L'année dernière, j'ai lu La fortune des Rougon et il y a un chapitre que j'ai adoré, c'est celui sur Miette et Silvère ! J'ai aussi lu Thérèse Raquin, que j'ai moyen aimé... J'espère que les autres tomes de la saga te plairont^^

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    1. En général c'est quitte ou double, les longues descriptions freinent beaucoup de monde et je le comprend. L'histoire de Miette et Silvère est vraiment touchante, j'ai beaucoup aimé aussi. Je ne connais pas encore Thérèse Raquin par contre ! Merci ! :)

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  9. Il faudrait que j'essaye de lire du Zola par plaisir... Les cours m'ont plutôt dégoûtée des classiques francais ^^

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    1. C'est vraiment le problème avec l'éducation française, ils arrivent à nous dégoûter des classiques. Moi en seconde, une prof a réussi à me dégoûter de la lecture pendant un an, il fallait le faire. Mais il faut reprendre par soi même quand on en a envie, malheureusement certaines personnes ne tentent plus jamais à cause de leur expérience au lycée...

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  10. Comme je te l'ai dis pour le premier tome, je ne pense pas lire cette saga de Zola. Malgré tout, je suis contente que cette suite t'aie plue :)

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    1. Merci :) Oui en effet j'ai cru comprendre que Zola et toi ce n'était pas trop ça XD.

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  11. Si tu dis qu'on rentre directement dans le vif du sujet, je risque d'apprécier davantage ce roman à La fortune des Rougon. J'ai encore La bête humaine dans ma pal, mais La curée sera sûrement le prochain livre de Zola que je lirai.

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    1. Oui ça va plus vite que dans La fortune des Rougon qui commence avec une longue description ! J'espère qu'il te plaira en tout cas :)

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  12. Merci pour cette belle chronique! C'est un classique je dois vraiment lire :)

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  13. C'est marrant, les descriptions interminables c'est vraiment l'image que j'ai de Zola. Je sais pas si je le lirai celui-là, il y tellement d'autres classiques que je veux lire...

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    1. J'avoue que c'est ce qu'on retient souvent de lui, après ce n'est pas aussi terrible que Proust, c'est juste que parfois il se lâche quoi XD. Il part en live et nous décrit une serre de A à Z avec des plantes totalement inconnues !

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  14. Pas mon préféré mais ce volume des Rougon Macquart a beaucoup de qualités et j'ai beaucoup aimé la façon dont Zola raconte l'histoire des Saccard, dans laquelle se confond aussi la vanité de toute une société.

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    1. Moi j'ai beaucoup aimé, je trouve qu'il entre beaucoup plus rapidement dans le vif du sujet et sa manière de décrire la société de l'époque m'a conquise, j'ai hâte de découvrir les autres romans. Je suis plongée en parallèle dans sa correspondance privée avec sa femme et son amante, c'est passionnant !

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